Quel substrat choisir pour mon bonsai, et pourquoi ?

Le substrat, c’est là, dans ce volume minuscule, que tout commence : croissance, santé, vigueur, équilibre. Le substrat, ce n’est pas de la terre, ni un simple mélange, c’est l’univers vital du bonsai. Son socle, son souffle, son équilibre. Là où la vie s’enracine… ou s’étouffe. On parle souvent du tronc, des branches, de la forme. Mais que vaut la plus belle silhouette, si les racines du bonsai s’asphyxient dans un substrat mal choisi ?

Le substrat, en bonsai, n’est pas un détail technique, loin de là. C’est un choix fondamental, un geste de culture chargé de sens. Il ne s’agit pas simplement de “rempoter” par ce qu’on a vu ou lu qu’il fallait le faire, il s’agit d’offrir aux racines, et donc à l’arbre tout entier, un environnement stable, respirable, hydraté et vivantEt pourtant, c’est souvent la partie qu’on néglige, celle qu’on croit pouvoir improviser. Mais si les racines s’asphyxient, si le substrat garde l’eau comme une éponge ou la laisse fuir du pot en quelques heures, c’est tout l’arbre qui décline.

Malheureusement, et comme toujours en bonsai finalement, il n’existe pas de recette universelle et toute la culture qui découle du substrat est étroitement liée à la compréhension de ce qu’il est, de ce qu’il permet et de ce qu’il empêche.


Une réponse différente pour tous

On lit de tout concernant les substrats pour bonsai sur internet, de quoi s’y perdre quand on débute. Chacun y va de sa propre expérience et c’est bien normal ! Le choix d’un substrat dépend en effet très étroitement de votre climat, de l’exposition des bonsai dans votre jardin ou sur votre balcon, de chaque espèce d’arbre cultivée, de la taille des pots ainsi que de vos capacités d’arrosage, notamment sur les journées chaudes. Utiliser un substrat très drainant et peu rétenteur si vous habitez dans un endroit chaud et sec et que vous ne pouvez arroser qu’une fois par jour peut être rapidement voué à l’échec.


Les rôles du substrat

Le substrat doit stocker et fournir l’eau et les nutriments, ainsi que maintenir les conditions idéales de croissance pour les racines. Il doit aussi avoir la stabilité adéquate pour qu’elles puissent s’y développer pleinement. Ici, il faut poser les choses clairement. En bonsai, on ne nourrit pas les arbres avec le substrat, ce n’est pas son rôle. C’est un support de vie, pas un garde-manger. Il est là pour maintenir les racines, leur permettre d’échanger avec l’air, l’eau et les minéraux que l’on décide d’apporter.

C’est pour cette raison que les substrats utilisés en bonsai sont stériles. En pot, on ne cherche pas à recréer un sol forestier, mais à offrir un milieu stable, respirable, précis et tenable pour une culture hors sol. Pour cela on utilise des substrats minéraux pauvres, neutres et inertes. Cependant, un minimum de matière organique dans le sol est nécessaire pour que les arbres se développent convenablement. Pour activer les substrats minéraux et “morts” que nous utilisons, l’ajout régulier d’engrais organique est particulièrement bénéfique pour faire vivre le sol et améliorer sa structure.

Car ce dernier nécessite la présence de micro-organismes pour rester équilibré et offrir un espace de croissance sain pour les bonsai, notamment parce que la plupart des nutriments dont les arbres ont besoin se trouvent à l’état solide dans le sol. Seule une petite partie se dilue dans l’eau d’arrosage grâce à l’action des micro-organismes et aux champignons qui décomposent la matière organique. Un sol non stérile c’est aussi un sol présentant de meilleures conditions physiques grâce, là encore, aux micro-organismes qui améliorent sa spongiosité et son aération et décompactent le substrat, permettant d’espacer les rempotages.


Un équilibre entre l’air et l’eau

Le substrat des bonsai doit bien retenir l’eau et pour autant, permettre un bon drainage. La rétention en eau est absolument essentielle mais le drainage tout autant car les racines ont besoin d’oxygène. En ne se concentrant que sur la rétention d’eau, les racines risqueront d’être asphyxiées, et inversement, trop de drainage peut entraîner un manque d’eau en cas d’arrosage non maîtrisé.

Maintenir à la fois humidité et aération peut sembler contradictoire et c’est bien pour ça qu’il est si difficile de comprendre les substrats au départ. Les besoins en eau et en air des arbres en petits pots impliquent d’utiliser des substrats spéciaux et adaptés.

Lorsque le sol ne draine pas bien et ne contient pas suffisamment d’oxygène, les racines s’asphyxient par manque d’air. Elles ne peuvent alors plus participer au fonctionnement de l’arbre ni produire l’énergie nécessaire à leur croissance. A ce stade, elles ne sont plus capables d’absorber l’eau et les nutriments. Si l’état du sol n’est pas rapidement amélioré, elles s’affaiblissent et meurent, attaquées par des agents pathogènes. D’où l’importance fondamentale de la maîtrise du substrat des bonsai, et notamment de leurs capacités d’aération, de rétention et de drainage.


Porosité, rétention, drainage

Chaque grain de substrat est un petit monde en soi. Sa structure, sa forme, sa porosité, sa composition chimique influencent directement la culture.

  • La porosité : elle désigne la capacité du grain à contenir des micro-cavités qui stockent l’eau et l’air. Plus un substrat est poreux, plus il peut retenir d’humidité sans asphyxier. C’est ce qui fait la qualité de l’akadama ou de la pumice.

  • La rétention d’eau : elle dépend de la porosité mais aussi de la forme et du volume des grains. Un substrat qui sèche trop vite vous obligera à arroser sans cesse. Un substrat qui reste gorgé d’eau favorisera les maladies racinaires. Le bon substrat retient juste assez, et ce pour chaque arbre différemment.

  • Le drainage : il désigne la capacité du substrat à laisser s’écouler l’excédent d’eau après l’arrosage. Un bon substrat est à la fois rétenteur et drainant : il garde l’eau disponible entre les arrosages sans saturer le pot. Cette propriété dépend de la forme des grains, de leur poids, de la porosité externe du substrat, mais aussi de la manière dont les grains s’imbriquent les uns aux autres. Un substrat trop compact ne laissera pas l’eau s’écouler librement ; un substrat trop aéré laissera tout filer, privant l’arbre des réserves d’eau nécessaires.

  • La capacité d’échange cationique (CEC) : elle mesure la capacité du substrat à retenir les éléments minéraux et à les restituer aux racines. Un substrat à bonne CEC, comme l’akadama, agit comme un petit tampon : il stocke les minéraux et les oligo-éléments, puis les restitue selon les besoins de l’arbre.


Ces propriétés, prises ensemble, déterminent la qualité du substrat. Chacun à ses points forts et ses points faibles, le tout est de trouver le bon compromis.


Comparatif des substrats utilisés en bonsai

Voici un tour d’horizon rapide des principaux substrats utilisés en bonsai :

– Akadama : Argile volcanique japonaise

  • Bonnes capacités de drainage
  • Très bonnes rétention d’eau
  • Excellent équilibre entre rétention et oxygénation
  • Haute capacité d’échange cationique
  • Change de couleur en séchant, ce qui est très utile pour apprendre à arroser
  • Peut s’utiliser pure grâce à ses hautes qualités pour la culture en pot
  • Se délite dans le temps, ce qui demande un renouvellement régulier en théorie. En pratique, la plupart des rempotages s’enchaînant tous les deux ou trois ans, sa fragilité à long terme est un faux problème. D’autre part, l’intérêt de sa dégradation progressive est malheureusement mal compris, car au fur et à mesure que les grains se désagrègent, les racines sont naturellement freinées, ce qui permet de les affiner doucement au fur et à mesure des années. C’est ce qui en fait le substrat idéal pour tous les bonsai en finition
  •  Les grains d’akadama se décomposent seulement quand ils sont humides. Quand on les mélange à des roches plus dures et plus stables, ils sèchent plus tôt et se décomposent moins vite dans le temps. Un mélange avec 20 ou 30% de pumice est du coup extrêmement intéressant et peut convenir à quasiment tous les bonsai
  • L’application de mousse et/ou de sphaigne en surface permet de limiter et retarder sa décomposition


– Pumice (Pierre ponce) : Roche volcanique d’origine italienne

  • Très bonnes capacités de drainage
  • Moyenne rétention d’eau
  • Moyenne capacité d’échange cationique
  • De structure stable dans le temps, c’est un substrat idéal en combinaison avec l’akadama pour en maintenir les qualités plus longtemps
  • Ne retient pas autant l’eau que l’akadama, ce qui en fait une très bonne base de culture pour de nombreux conifères craignant les substrats trop rétenteurs en eau et pas suffisamment aérés. Elle maintient la structure du sol sans se dégrader et garde ainsi une oxygénation constante entre deux rempotages
  • Peut s’utiliser pure mais son manque de rétention d’eau et de nutriments impliquent de l’expérience et de bonnes techniques de culture pour arroser et fertiliser suffisamment. Idéalement, la mélanger à de l’akadama ou de la zéolithe

– Kiryuzuna (Kiryu) : Gravier dur d’origine japonaise

  • Très bonnes capacités de drainage
  • Aucune rétention d’eau
  • Aucune capacité d’échange cationique
  • S’utilise en mélange uniquement, en petites parts, idéalement pour aérer et stabiliser dans le temps les sols des pins qui, non seulement ont besoin de plus d’oxygène que d’eau dans le substrat, mais en plus nécessitent un espacement des rempotages pour ne pas déranger trop souvent leurs racines sensibles. Combiné à la pumice et à quelques part d’akadama, le kiryu aère le substrat des pins

– Kanuma : Terre acide d’origine japonaise

  • La Kanuma a un pH acide (5-6) et est donc idéale pour les azalées, rhododendrons et autres espèces acidophiles
  • Bonnes capacités de drainage
  • Très bonne rétention d’eau
  • Moyenne capacité d’échange cationique. Peut cependant influencer la disponibilité de certains nutriments du fait de son pH acide
  • Légère et friable, la kanuma est un substrat fragile dont les grains peuvent être écrasés avec les doigts. Cela en fait un substrat qui se dégrade vite et qu’il faut renouveler tous les deux ans pour éviter toute asphyxie racinaire. A manier avec délicatesse au moment du rempotage, notamment lorsqu’on travaille à la baguette pour insérer le substrat au niveau du racinaire. Elle est toutefois en parfaite adéquation avec les racines très fines et fragiles des azalées en leur offrant un substrat accueillant et “confortable” qu’elles ne vont pas dégrader. A l’inverse, certains l’utilisent pour acidifier un peu le substrat des érables. Ces derniers ayant des racines très fortes et vigoureuses, la kanuma ne fait pas le poids en terme de résistance et finit rapidement en “bouillie”. Elle risque alors de créer des zones de rétention d’eau et de perte d’oxygène, au contraire d’un bon substrat.
  • Peut être utilisée pure ou avec un peu d’akadama ou de zéolithe pour retarder sa dégradation et améliorer la CEC
  • L’application de mousse et/ou de sphaigne en surface permet de limiter et retarder sa décomposition

– Zéolithe (Chabasite) : Roche volcanique d’origine italienne ou française

  • Très bonnes capacités de drainage
  • Très bonne rétention d’eau
  • Haute capacité d’échange cationique
  • De structure durable et stable, la zéolithe est parfaite pour améliorer un substrat qui se délite rapidement, type akadama ou kanuma
  • Peut s’utiliser pure ou en mélange pour augmenter la rétention d’eau de la pumice par exemple ou aérer un substrat. Particulièrement intéressante sur les climats secs, il convient de s’en méfier un peu en utilisation seule sur des climats très humides. Sa rétention importante peut bloquer les arbres

– Pouzzolane : roche volcanique d’origine française ou espagnole

  • Très bon drainage
  • Faible rétention d’eau
  • Faible capacité d’échange cationique
  • De texture abrasive, tranchante et peu accueillante, les grains de pouzzolane peuvent blesser les racines fines et ne favorisent pas leur division. Utilisée seule, elle offre un milieu stable mais peu propice à l’élaboration d’un réseau racinaire dense et finement ramifié

  • Solide, stable dans le temps et très lourde, la pouzzolane permet elle aussi de stabiliser un substrat de type akadama ou trop léger comme la perlite. Attention, la pouzzolane alourdit considérablement les pots !
  • Intéressante en climat très humide afin de drainer l’eau au maximum, elle est déconseillée pure dans la plupart des situations, à moins de redoubler les arrosages et de fertiliser à chaque passage

– Ecorce compostée

Certains y voient un remède anti-pathogène, d’autres une manière d’alléger le substrat ou d’y garder plus d’eau et de minéraux. Mais attention, même compostée, l’écorce de pin reste un matériau organique en décomposition. Et cette décomposition mobilise de l’azote. Elle peut aussi relâcher des composés toxiques ou favoriser l’installation de champignons indésirables si le mélange reste humide trop longtemps. Dans le contexte exigeant du bonsai, en pot étroit, avec des racines fines et peu d’espace, elle présente plus de risques que d’avantages. A manier avec prudence.


L’akadama comme base

Pour débuter et apprendre à bien arroser et cultiver les bonsai en fonction du contexte de culture, l’akadama reste un substrat idéal. Notamment parce qu’il change très significativement de couleur en séchant et vous indique ainsi qu’il est temps d’arroser, mais aussi parce que ses capacités de rétention, plus importantes que la pumice ou la pouzzolane, vous permettront une petite marge d’erreur supplémentaire pour faire patienter les arbres entre deux arrosages.

L’akadama (ainsi que la kanuma), du fait de sa structure poreuse et friable, permet aux racines de pénétrer littéralement à l’intérieur de ses grains. Cette particularité encourage la division des racines qui, au lieu de buter sur des obstacles comme les grains de pouzzolane, s’infiltrent, se ramifient, trouvent de l’eau, de l’air et des nutriments au cœur même du substrat. Cela favorise une division très fine, particulièrement utile sur les espèces à ramification racinaire dense comme les feuillus.

Mais attention, aucun substrat n’est bon pour tous les arbres. Il s’agit toujours d’un mélange réfléchi, adapté aux besoins particuliers de chaque espèce, chaque climat, chaque pot, chaque stade de culture.


Adapter les mélanges au contexte

Chaque arbre est unique, chaque climat aussi. Le même substrat ne donnera pas les mêmes résultats dans le sud de la France ou en Bretagne, à l’ombre ou en plein soleil. Voici quelques grandes lignes pour vous orienter :

  • En climat chaud et sec, privilégiez des substrats plus rétenteurs (akadama, zéolithe)

  • En climat humide et pluvieux, allégez les mélanges avec de la pumice, de la pouzzolane ou du kiryuzuna


– Pour les conifères et les persistants

Ceux-ci ont besoin d’un bon drainage et d’une bonne aération du sol mais malgré tout, ils ont aussi besoin d’une bonne rétention des minéraux et de l’installation de toute une activité microbienne et d’un bon réseau mycorhizien. Pour eux, l’équilibre idéal serait un mélange à parts plus ou moins égales de pumice et d’akadama. On pourra rajouter ou enlever de l’akadama selon les besoins en eau de chaque espèce :

  • Plus de rétention d’eau pour un if ou un genévrier, moins pour un pin blanc non greffé par exemple 

  • Pour les pins, un mélange à parts égales de pumice, akadama et kiryu s’avère être un excellent équilibre


– Pour les feuillus caducs

Après des années d’essais divers, je persiste inlassablement à conseiller 70 à 100% d’akadama sur les feuillus. Selon votre climat, ou les besoins en eau de chaque espèce, ajouter des parts de pumice, qui permet l’aération du sol et un meilleur drainage. La pumice restant stable dans sa structure, elle permet également de limiter, ou du moins retarder, la dégradation des grains d’akadama.


Quoi qu’il en soit, pour un arbre que l’on veut ramifier finement et donc pour lequel on veut une ramification racinaire fine (les deux étant très étroitement liées), plus il y a d’akadama, meilleur est le résultat.


La granulométrie, un enjeu négligé

La santé de l’arbre dépend des racines, celle des racines, du substrat. Plus encore que les substrats à bonsai en eux-mêmes ou les pourcentages de chacun d’eux dans les mélanges, le choix de la granulométrie est primordial et devrait attirer toute votre attention.

Entre les grains des substrats granuleux que nous utilisons en bonsai, il y a des espaces dans lesquels sont stockés l’eau et l’air nécessaires à la vie des racines. C’est de l’équilibre entre ces deux éléments que dépend la santé de chaque arbre, selon s’il a besoin de plus ou moins d’eau et d’oxygène. Un pin, par exemple, aura besoin d’une plus grande quantité d’oxygène que d’eau dans son pot. Plutôt que de le priver par peur qu’il ait trop d’eau, on travaillera à la fois au choix du substrat et de sa granulométrie pour fournir un sol équilibré et répondant aux besoins de l’espèce.

La granulométrie du substrat induisant les quantités d’eau et d’air qui seront disponibles pour les racines, elle doit donc être considérée avec attention pour chaque arbre individuellement. Ainsi, plus les grains sont gros, plus l’espace entre chacun d’eux contiendra d’air, plus vite le substrat séchera et plus vite les racines pousseront, sans ramification. Au contraire pour garder plus d’eau disponible ou pour ramifier les racines finement, on choisira des grains de plus petite taille.

On peut ainsi en déduire des granulométries différentes pour chaque espèce et ses besoins en eau, mais aussi pour chaque stade de culture. Une granulométrie plus grosse pour un arbre jeune à faire pousser, plus petite pour l’affiner. De même, si le substrat choisi sèche lentement, on utilisera une plus grosse granulométrie. S’il retient peu d’eau au contraire, des grains plus petits permettront de garder plus facilement de l’humidité dans le pot.

La granulométrie choisie dépendra également de la taille du pot. Sur un shohin par exemple, la quantité de terre étant très réduite, on favorisera une plus grande rétention d’eau avec une petite granulométrie. Avec un pot très plat par contre, celui-ci drainant moins bien qu’un pot profond et ayant tendance à garder l’eau plus longtemps, on fera attention à choisir une granulométrie permettant une bonne aération et un meilleur drainage du substrat.

Il n’y a pas de “bonne taille de grain” absolue. Il y a une attention à accorder, à chaque rempotage, à chaque pot, à chaque arbre. Et ce qui était vrai au dernier rempotage ne le sera pas forcément au suivant.


Tamiser impérativement tous les mélanges

D’un travail soigné et réfléchi dépendra une bonne culture. Prenez ainsi toujours le temps de penser à la granulométrie que vous choisissez et de tamiser tous vos mélanges de sorte qu’ils soient parfaitement homogènes au niveau de la taille des grains et débarrassés de toutes poussières qui pourraient réduire le niveau d’aération du substrat et le drainage au fond du pot.

Un mélange avec des grains de différents diamètres entraîne une pousse déséquilibrée et inégale, tant au niveau des racines que des branches. Un mélange parfaitement calibré génère, lui, une pousse homogène dans tout le pot. Il n’est pas compliqué alors d’imaginer ce qui est le mieux pour le travail de vos bonsai…


Se méfier des idées reçues

Attention également à prendre un peu de recul avec cette croyance pas tout à fait juste qui consiste à dire “cette espèce pousse dans un milieu très sec donc l’arbre aime la sécheresse, il ne faut pas beaucoup l’arroser”. Supporter la sécheresse et aimer la sécheresse sont deux choses bien distinctes, tout comme la vie en pot et la vie en pleine terre, et finalement peu d’arbres se plaindront de conditions hydriques plus “confortables”.

A condition encore une fois de trouver un bon équilibre air/eau dans le pot, les espèces plus enclines à la sécheresse (pins, oliviers, amandiers) ayant en effet a priori besoin de moins d’eau que d’air dans le sol. Cela ne veut donc pas dire “pas d’eau”, mais juste plus d’air.


En résumé

Un substrat n’est pas un socle inerte. C’est un milieu vivant, respirant et très exigeant en petit pot. Il ne fait pas pousser l’arbre, il lui permet de pousser. Il ne nourrit pas, il rend possible les échanges. C’est par lui que tout passe : l’eau, l’air, les nutriments, les signaux racinaires, les équilibres microbiens.

Choisir un bon substrat, c’est comprendre que sans bases saines, aucune construction ne tiendra. Car selon le choix du substrat à bonsai et de sa granulométrie, vous obtiendrez, ou non, une bonne santé racinaire, une division fine des racines, permettant une bonne ramification des branches, une vigueur maîtrisée et un équilibre dans le pot. On comprend ainsi pourquoi le rempotage et les substrats sont un si gros enjeu en bonsai et un pilier du travail

De vos capacités d’arrosage dépend le choix du substrat et du substrat dépend votre arrosage. Si ce n’est pas le sujet le plus visible du bonsai, c’est peut-être le plus fondamental et l’un des plus décisifs.


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